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couverture Vaches noires

Roland Topor

Vaches noires


TOPOR INÉDIT !

« Le regard des vaches, tout le monde dit qu’il est bête. Il n’est pas seulement bête. Il est méchant. Un regard de tueur comme on en décrit dans les Série noire. Une vache noire sortirait un flingue et vous arroserait de pruneaux sans même cesser de mâcher son chewing-gum. Sans états d’âme et sans remords. Un contrat comme tant d’autres, pour le fric, voilà comment elles sont, les vaches noires.

Saloperies ! »


Composé par l’auteur lui-même en 1996, Vaches noires est le dernier livre de Roland Topor. Ce recueil de trente-trois nouvelles inédites concentre les thèmes qui lui sont chers : l’aliénation par les choses et l’argent, la déchéance physique, jusqu’au démembrement et au morcellement, la hantise du temps qui file et de la mort qui rôde. Le tout baigné dans cet humour noir grinçant, ce sens inné du grotesque, cette fantaisie tantôt blagueuse, tantôt inquiétante, qui furent la marque de l’auteur. Quinze ans après sa mort, Topor rit encore !


Préface de François Rollin

Couverture & 2 linogravures in texte de Topor

« Les Insensés » nº6


Parution : 8 septembre 2011

2 tirages – 160 pages – Épuisé


Ce livre existe aussi en e-book (formats ePub et PDF web) au prix de 4,99 €

Roland Topor

Roland Topor (1938-1997). Dessinateur, peintre, écrivain, dramaturge, poète, humoriste, chansonnier, cinéaste, acteur, photographe, etc. Remarqué pour ses étranges dessins au graphisme original (dans Arts, Bizarre, Hara-Kiri...), il reçoit le prix de l’Humour noir dès 1961. Son premier roman, Le Locataire chimérique, sera adapté au cinéma par Roman Polanski ; il écrira aussi des recueils de nouvelles, des pièces de théâtre et des livres concepts. Du film d’animation La Planète sauvage (avec René Laloux, prix spécial du Jury à Cannes en 1973) à l’étonnant Marquis (avec Henri Xhonneux) en passant par les émissions télévisées Palace et Téléchat, il marquera de son empreinte le cinéma et l’audiovisuel. Certaines de ses images ont fait le tour du monde. Tout son univers reste marqué du sceau d’un humour noir féroce. Il n’est jamais devenu un vieux con.

« De son vivant, Topor vendait peu de tableaux, en donnait beaucoup, ses livres faisaient des bides, ses pièces des scandales, ses films faisaient hurler les critiques, et tout cela le rendait hilare : qu’est-ce que vos parents ont été cons ! Dépêchez-vous de (re)découvrir ou même relire tout simplement ces petits bijoux d’un des génies du XXe siècle. Avant que trente crétins, par leur silence, ne nous l’enterrent pour de bon. » (Yves Frémion, Fluide glacial)


Les livres de Roland Topor aux Nouvelles Éditions Wombat

Mémoires d’un vieux con (plus d’infos)

Mémoires d’un vieux con suivi de Topor à la bombe (tirage de queue, édition limitée et numérotée) (plus d’infos)

Vaches noires

Café Panique suivi de Taxi Stories (plus d’infos)

La Plus Belle Paire de seins du monde (plus d’infos)

Strips Panique (plus d’infos)

Joko fête son anniversaire (plus d’infos)

Théâtre Panique, t. 1 (plus d’infos)

Théâtre Panique, t. 2 (plus d’infos)

La Cuisine cannibale (plus d’infos)

Les Photographies conceptuelles d’Erwahn Ehrlich (plus d’infos)

Vaches noires en poche (plus d’infos)


Topor : “Un grand coup de poing dans la gueule”

Extrait de Charlie-Hebdo nº1002 (septembre 2011) (télécharger le pdf)

Journal intime (extrait)

“ Tout le monde sait que je rédige un journal intime. Un journal littéraire qui sera publié après ma mort. Je le tiens scrupuleusement depuis le début de l’année et il m’absorbe au point que j’ai renoncé à la majeure partie de mes autres activités. Mais j’ai eu l’imprudence de confier le secret à un ami, il a mis les autres au courant et la curiosité les dévore. Comme je suis sûr qu’elle vous ronge, à présent, parce que je vais parler de vous, ce soir dans mon journal. Pour dire quoi et en quels termes ? Ça, motus. Mon journal intime est réservé à la postérité. Les lecteurs qui en auront la priorité ne savent peut-être pas encore lire, ou ne sont même pas nés. Mais ils ne perdent rien pour attendre, ils vont se régaler.

Je raconte tout, mais alors tout, dans les plus infimes détails. Ah, j’ai la dent dure pour mes contemporains ! Je les peins au vitriol, avec toute leur mesquinerie, leur ignorance crasse, leur méchanceté, leur bêtise, leur goût de chiottes. Quand j’arrive au bout d’une page, je me délecte à la relire en savourant chaque mot, avec un bonheur tout nouveau pour moi. Parfois, je pouffe : « Oh là là, j’y suis allé fort avec celui-là ! Et celle-là, qu’est-ce qu’elle déguste ! » Je songe à la gueule de la descendance, à la tronche des générations suivantes et je me sens tout guilleret...

Je dois reconnaître qu’on me traite avec plus de considération depuis qu’on sait que j’écris un journal. Les confrères m’envoient leurs livres pourvus de dédicaces flatteuses, on m’invite aux vernissages, aux projections privées, aux premières. En ma présence, on rivalise d’esprit, on étale ses connaissances. Toutes ces manigances ne prennent pas avec moi. Je connais les brutes qu’ils sont au fond de leur âme. Ils ne me feront pas taire. ”

La presse à propos de Vaches noires

« Topor, ce sont des idées de gosse, libres, magiques, non solubles dans la réalité. Ces trente–trois textes du créateur de Téléchat abordent tous les thèmes qui lui sont chers, l’argent, la société, mais aussi le temps qui file et la mort qui se pointe. On y retrouve avec plaisir son esprit plus noir que noir, sa fantaisie qui s’applique à tout ce que son regard croise, y compris les vaches, les arbres et une crème brûlée. » (Lucie Cauwe, Le Soir)

« Dans Vaches noires, son dernier livre, recueil de nouvelles écrites dans les années 1980-90, resté inédit jusqu’à cet automne, ce sont tous les détails du quotidien qui finissent par conspirer sciemment contre l’humanité pour lui montrer son ridicule achevé. Rien n’échappe à ce sentiment de honte. Les voitures, les escaliers, les tables, le temps, les chatouilles, les arbres, l’argent, la politique, le chômage, les acteurs, les honneurs, les répondeurs et, bien sûr, les vaches. Un ultime recueil posthume, précieux comme un testament. » (Pacôme Thiellement, Chronic’art)

« Le grand événement se nomme Vaches noires, dernier ouvrage (posthume) composé de trente-trois nouvelles inédites. (...) Les vaches, mais aussi les ascenseurs, les phallus à deux pattes, la vieillesse, le temps qui passe et la mort, toujours, sont les thèmes qui composent ce recueil plein d’humour, de panique et de folie. » (Christine Ferniot, Lire)

« Les trente–trois nouvelles rassemblées sous le titre Vaches noires agissent comme des petites chatouilles. Légers, décalés et avec leur petite dose de cruauté jouissive. Mais un petit bonheur, aussi minuscule soit-il, promet Topor, vaut mieux qu’un grand malheur. (...) Draguant avec le fantastique et l’absurde, ces histoires donnent l’impression de n’être jamais là pour se rengorger d’avoir été écrites et de faire les fières à bras. Nées d’associations incongrues d’expressions, de mots et d’images, elles sont susceptibles de déclencher un soupir d’allégresse dès leurs préliminaires. Plaisir gratuit. » (Frédérique Roussel, Libération)

« Vaches noires, titre d’un recueil de nouvelles inédites de Roland Topor, dans lesquelles on retrouve tout le génie de l’auteur à dresser en 6-4-2 une intrigue, quelques types humains animés d’angoisses de pertes, d’abandon, et une chute hilarante quand elle ne fait plus froid dans le dos... Mais pour ne pas se soumettre à la peur, le grand rire dévaste tout, écrase les rapports de force. Le grand rire est une ivresse qui nous dégage des logiques sottes et consternantes de l’existence. » (Alexandre Devaux, Artnet.fr)

« Les tables s’excusent, les répondeurs prennent le pouvoir domestique, les comédiens mort reviennent au théâtre pour parler du bon vieux temps, les paysans enculent les arbres et on reçoit le facteur en guise de courrier. C’est du Topor pur, du Topur, du top de top. » (Yves Frémion, Fluide glacial)