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couverture Théâtre Panique

Roland Topor

Théâtre Panique

Tome 1


Le théâtre complet de Roland Topor enfin disponible chez Wombat !


Ce premier tome du théâtre complet de Roland Topor recueille ses trois premières pièces introuvables des années 1970, une « trilogie du sang, du sexe et de la merde » hautement comique et 100% Panique, c’est-à-dire parfaitement provocatrice et scandaleuse.

Dans Le Bébé de Monsieur Laurent, un campagnard, M. Laurent, cloue un bébé à la porte de sa maison. Voisins, badauds et touristes, bientôt suivis par les médias (ou encore Adolf Hitler), chacun y va de son commentaire : faut-il admirer ou plaindre le pauvre M. Laurent ? « Toute ressemblance entre le bébé de M. Laurent et un bébé réel serait dommage », précise l’auteur en ouverture de cette hilarante satire de la cruauté et de l’hypocrisie ordinaires.

Dans Fatidik et Opéra (« pièce écœurante en 15 reprises »), un couple de gangsters navigue entre la trahison et une passion charnelle irrésistible. Rythmée par les ébats des amants, cette comédie érotico-policière machiavélique réserve bien des rebondissements. Le pouvoir du sexe sera-t-il plus fort que l’appât du gain ?

Dans Vinci avait raison, un haut fonctionnaire de police invite en famille un de ses collègues. Or les toilettes sont bouchées et la merde, comme le retour du refoulé, ne cesse de déborder, d’investir les discussions et les consciences, jusqu’à l’explosion...


Rarement on aura pratiqué la satire burlesque de manière aussi radicale que dans ces pièces de Topor, qui se pose ici en digne héritier de Jarry. S’attaquant à tous les tabous, il explore notre part la plus sombre, avec un humour dévastateur où le rire survient toujours en contrepoint du pire.

La présente édition est complétée par une postface de l’auteur (« Théâtre et fantasmes ») et un cahier iconographique reproduisant dessins et affiches originaux, ainsi que certains des articles scandalisés qui accueillirent à l’époque les représentations de ces pièces.


Préface Panique de Fernando Arrabal – Postface de Roland Topor

Présentation des pièces d’Alexandre Devaux

Couverture de Roland Topor

« Les Insensés » nº26


Parution : 14 avril 2016

256 pages (+ cahier iconographique XVI pages) – 20 €


NB : Le tome 2 du Théâtre Panique (comprenant Joko, L’Hiver sous la table & L’Ambigu) paraîtra le 3 novembre 2016.

Roland Topor

Roland Topor (1938-1997). Dessinateur, peintre, écrivain, dramaturge, poète, humoriste, chansonnier, cinéaste, acteur, photographe, etc. Remarqué pour ses étranges dessins au graphisme original (dans Arts, Bizarre, Hara-Kiri...), il reçoit le prix de l’Humour noir dès 1961. Son premier roman, Le Locataire chimérique, sera adapté au cinéma par Roman Polanski ; il écrira aussi des recueils de nouvelles, des pièces de théâtre et des livres concepts. Du film d’animation La Planète sauvage (avec René Laloux, prix spécial du Jury à Cannes en 1973) à l’étonnant Marquis (avec Henri Xhonneux) en passant par les émissions télévisées Palace et Téléchat, il marquera de son empreinte le cinéma et l’audiovisuel. Certaines de ses images ont fait le tour du monde. Tout son univers reste marqué du sceau d’un humour noir féroce. Il n’est jamais devenu un vieux con.

« De son vivant, Topor vendait peu de tableaux, en donnait beaucoup, ses livres faisaient des bides, ses pièces des scandales, ses films faisaient hurler les critiques, et tout cela le rendait hilare : qu’est-ce que vos parents ont été cons ! Dépêchez-vous de (re)découvrir ou même relire tout simplement ces petits bijoux d’un des génies du XXe siècle. Avant que trente crétins, par leur silence, ne nous l’enterrent pour de bon. » (Yves Frémion, Fluide glacial)


Les livres de Roland Topor aux Nouvelles Éditions Wombat

Mémoires d’un vieux con (plus d’infos)

Mémoires d’un vieux con suivi de Topor à la bombe (tirage de queue, édition limitée et numérotée) (plus d’infos)

Vaches noires (plus d’infos)

Café Panique suivi de Taxi Stories (plus d’infos)

La Plus Belle Paire de seins du monde (plus d’infos)

Strips Panique (plus d’infos)

Joko fête son anniversaire (plus d’infos)

Théâtre Panique, t. 2 (plus d’infos)

La Cuisine cannibale (plus d’infos)

Les Photographies conceptuelles d’Erwahn Ehrlich (plus d’infos)

Vaches noires en poche (plus d’infos)


Topor : “Un grand coup de poing dans la gueule”

Extrait de Charlie-Hebdo nº1002 (septembre 2011) (télécharger le pdf)

Extrait du Bébé de Monsieur Laurent

dÉbat tÉlÉvisÉ
À propos du BÉbÉ de Monsieur Laurent


Le journaliste du Monde (qui mène le débat) : On parle beaucoup en ce moment d’un livre qui a été très diversement accueilli par le public et la critique. Il s’agit du Bébé de Monsieur Laurent, dont l’auteur se trouve à mes côtés en compagnie de quelques-uns de mes confrères de la presse française. Est-ce que vous avez délibérément cherché à choquer, monsieur Topor ?


Roland Topor : Euh... Non...


Le journaliste du Monde : Il y a pourtant un aspect provocateur... Vous n’en avez pas été conscient ?


Roland Topor : Oui... Non, enfin...


Le journaliste du Figaro : En fait, la provocation est assez anodine. Il y a longtemps que M. Topor n’énerve plus personne.


Le journaliste de L’Humanité : On a même prononcé le mot de RÉCUPÉRATION...


Le journaliste du Figaro : Celui de POLLUTION serait plus approprié !


Le journaliste du Monde : Est-ce que vous avez tous lu le livre ?


La journaliste de L’Express : Oui.


Le représentant de l’ORTF : Du commencement à la fin. Malheureusement.


Jeannot (ancien enfant martyr) : Non, je ne l’ai pas lu. Le livre est interdit à la vente aux mineurs.


Le journaliste du Monde : J’aimerais connaître vos opinions aux uns et aux autres. Les dames d’abord...


La journaliste de L’Express : Volontiers. Je dois dire tout d’abord que je ne fais pas partie des lecteurs qui trouvent le livre de M. Topor drôle. Non seulement je n’ai pas souri, mais encore, en refermant ce petit volume, j’avais dans la bouche un goût de cendres. C’est l’impression que l’on a lorsqu’un monsieur qui a cherché à vous faire rire n’y est pas parvenu...


Roland Topor : Pardon...


La journaliste de L’Express : Ah ! Je croyais que le livre se voulait comique ? En tout cas, c’est raté. Il est franchement odieux. Quel plaisir éprouvez-vous à évoquer le martyr d’un nouveau-né, à accumuler les détails atroces, à vous étendre complaisamment sur les tortures infligées... ?


Roland Topor (pleurnichant) : C’est... C’est parce que...


La journaliste de L’Express : Faites-vous psychanalyser ! En lisant votre œuvre, je repensais à cette merveille de fraîcheur et de poésie qu’est Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Et les larmes me montaient aux yeux en pensant à Proust assassiné.


Le journaliste de L’Humanité : J’aime vous entendre parler ainsi, madame. Moi aussi, je tiens Le Petit Prince pour l’un des chefs-d’œuvre de la littérature du xxe siècle. Quelle innocence ! Quelle générosité ! Quelle tendresse ! Et l’on voudrait nous faire croire que les beaux sentiments ne sont plus à la mode ? Allons, allons. Le livre de M. Topor sera oublié l’année prochaine, tandis qu’on lira toujours Le Petit Prince !


Roland Topor : Oh... l’année prochaine...


Le journaliste de L’Humanité : Vous vous rabaissez au niveau de la bête !


Le journaliste du Figaro : Certains livres se méritent !


Le représentant de l’ORTF : Le plus grave, dans Le Bébé de Monsieur Laurent, c’est qu’il est dangereux ! Cette façon désinvolte d’évoquer un bébé cloué à une porte a un effet désastreux sur les jeunes. Ils trouvent prestigieuse cette absence de sensibilité, et s’efforcent de réfréner dans leur cœur les bons sentiments qui pourraient s’y former. D’où il s’ensuit une surenchère de dureté, de cynisme, d’immoralité.


Le journaliste de L’Humanité : Dieu merci, tous les jeunes ne se laissent pas impressionner aussi facilement. Pourtant, vous avez raison, Le Bébé de Monsieur Laurent ne fait appel qu’aux sentiments les plus bas, les plus dégradants.


Le journaliste du Figaro : Si les bons sentiments ne font pas forcément de la bonne littérature, je dois préciser, au risque de vous peiner, mon cher Topor, que Le Bébé de Monsieur Laurent n’est pas un chef-d’œuvre. Le style est plat, le vocabulaire indigent, la psychologie nulle. Vous êtes dessinateur, je crois ?


Roland Topor : Je... Oui, mais...


Le journaliste du Monde : Pourquoi n’y a-t-il pas de dessins dans le livre ?


Roland Topor : Je n’ai pas cru devoir...


Le journaliste du Figaro : Je ne sais pas si c’est dommage, mais vous auriez, en tout cas, pu vous passer du texte ! Ne m’en veuillez pas de ma franchise : je dirais la même chose à un écrivain qui se mettrait à dessiner...


Roland Topor : Pourtant... Victor Hugo...


Le journaliste du Figaro : Au risque de vous décevoir, je ne pense pas que vous ayez de nombreux points communs...


Le journaliste du Monde : Et vous, Jeannot, aimeriez-vous lire l’œuvre dont il est question ?


Jeannot : Je n’ai pas dix-huit ans, et le livre est interdit...


Le journaliste du Monde : Sans doute, sans doute... Mais au cas où vous le pourriez ?


Jeannot : Je n’aime pas les livres tristes.


Le journaliste de L’Humanité : Cet enfant est admirable ! Il a eu la pire enfance qui soit, il connaît, lui, le sujet peu réjouissant dont M. Topor s’est diverti, eh bien, il préfère ne plus y penser. Quelle leçon d’optimisme ! Quelle foi en l’homme !


La journaliste de L’Express : Ce qui est inquiétant, c’est qu’un tel livre puisse trouver un éditeur, et même des lecteurs. On ne prétendra pourtant pas qu’il n’y avait rien d’autre à publier !


Le journaliste du Monde : Qu’avez-vous à dire pour votre défense, monsieur Topor ?


Roland Topor : Euh...


© Nouvelles Éditions Wombat, 2016.

Extrait 2